Le gouvernement du social au Maroc

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Béatrice Hibou, Irene Bono

Le gouvernement du social au Maroc

Editions Karthala 2016

La question sociale a effectué un retour en force au Maroc, dans les années 2000. Les acteurs ont eu tendance à l’exprimer en termes de revendications, que justifiaient les défaillances de l’État, et les cher- cheurs à la problématiser dans les canons de la sociologie de la mobili- sation ou des politiques publiques. Mais la prise en compte de la plura- lité des acteurs et de la diversité des dispositifs offre la possibilité d’une autre lecture qui remodèle les formes mêmes du social. Administrer des espaces, des catégories, des temporalités, des imaginaires ou des conflits revient à définir les liens sociaux, à façonner les appartenances, à faire jouer des médiations, à qualifier l’ordre établi.

Du port de Casablanca aux maisons de jeunes de quartiers populaires, des transports urbains au système de subvention de la farine et du pain, du courtage de l’emploi domestique à la patrimonialisation d’une région marginalisée, de la gestion des terres collectives à l’aide aux mères céli- bataires, cet ouvrage démontre l’importance du gouvernement indirect du social, dont l’équivoque facilite compromis et bricolages et renforce la capacité d’adaptation du politique aux transformations de l’époque.

S’inscrivant dans la continuité de deux titres précédents de la collection « Recherches internationales », consacrés à la privatisation des États à l’âge néolibéral et à l’État d’injustice au Maghreb, ces recherches iné- dites ouvrent de nouvelles perspectives à la sociologie historique du poli- tique, bien au-delà du seul cas du Maroc.

L’ouvrage a été préparé dans le cadre d’un séminaire de recherche du CRESC (Rabat, Faculté de gouvernance, sciences économiques et sociales, Université Mohamed VI Polytechnique), de 2012 à 2015, par une équipe de jeunes chercheurs – Ahmed Bendella, Yasmine Berriane, Leila Bouasria, Irene Capelli, Redouane Garfaoui, Nadia Hachimi Alaoui, Badiha Nahhass, Valentine Schehl –, sous la direction de Béatrice Hibou, directrice de recherche au CNRS (SciencesPo-CERI) et d’Irene Bono, maître de conférences à l’Université de Turin (Département Cultures, Politique, Société).