Thèmes de recherche et activités

La chaire d’Etudes africaines comparées se donne cinq axes prioritaires pour contribuer à une meilleure compréhension de l’historicité des sociétés du continent :

– l’analyse des régimes de durée en leur sein, dont l’imbrication et la compénétration sont constitutives de leur historicité

– la redéfinition critique des différentes « aires culturelles » dont le continent est censé relever, et dont la délimitation répond souvent moins à des considérations scientifiques qu’à des configurations d’intérêts particuliers ou à des habitudes mentales héritées de l’orientalisme et du colonialisme

– l’étude pluridisciplinaire du fait religieux, qui est susceptible de favoriser la compréhension de l’historicité des sociétés en marge de l’historicisme et des tropismes sécularistes des sciences sociales, tout en transcendant les délimitations arbitraires des « aires culturelles » et en fournissant l’opportunité de dépasser les apories du culturalisme, voire des « études postcoloniales »

– l’analyse du fait social de la nuit, qui donne lieu à des pratiques, à des figures imaginaires, à des politiques publiques propres, et qui représente en quelque sorte l’envers des systèmes politiques, leur face cachée, en bref qui offre la possibilité de repenser le politique « par le bas ».

– l’économie politique et morale de la mise en chiffre des sociétés, qui véhicule tout à la fois les relations de pouvoir et d’inégalité en leur sein, et leur intégration au système international.

Ces cinq axes se recoupent en bien des points et forment un ensemble cohérent. Leur exploration enclenchera une synergie que l’on espère heuristique et novatrice, aussi bien pour les études africaines elles-mêmes que pour les sciences sociales du politique, conformément à la vocation comparative de la chaire.

Dans cette perspective, et outre les travaux personnels de ses membres, la chaire :

– organise une Rencontre mensuelle, comprenant une conférence publique et un séminaire réservé aux étudiants, autour d’un(e) chercheur(e), sur un thème précis (les Rencontres de la chaire)

– tient un séminaire mensuel de recherche

– anime un cycle d’ateliers qui permettent aux étudiants de partager l’expérience professionnelle de différents corps de métier ou de création sur le continent africain, ou en relation avec celui-ci (Etre… )

– publie une série de travaux intermédiaires, Etudes africaines comparées

– construit un pôle de savoir et d’expertise dans le domaine de la quantification des économies africaines, et développe pour ce faire des partenariats internationaux avec des institutions universitaires, des administrations, des organismes multilatéraux tant africains qu’européens et multilatéraux

– concourt aux enseignements de l’Ecole de gouvernance et d’économie

– abrite un programme tri-annuel de formation à la recherche (2016-2019), en partenariat avec l’Association des chercheurs de Politique africaine

– partage sa réflexion avec le monde de l’entreprise, de l’administration, du tissu associatif, en particulier en élaborant des programmes de formation continue

– contribue à la diffusion du savoir scientifique dans les médias

– s’associe à des événements culturels

Ainsi entendue, la chaire se veut lieu de dialogue scientifique de part et d’autre de la Méditerranée et du Sahara, espaces d’interaction plutôt que de séparation à travers les siècles, et pourquoi pas de nos jours, nonobstant les prohibitionnismes nationalistes et sécuritaires.