Colloque

Les 16 et 17 novembre 2017

Espaces politiques et sociaux des mines

Colloque
Retour

Télécharger le programme

Depuis les années 2000, l’exploitation minière s’est considérablement intensifiée sur le continent africain, entraînant la redéfinition des espaces et la reconfiguration des relations sociales. Cette intensification du phénomène minier donne notamment lieu à une spatialisation spécifique, à l’émergence d’espaces directement destinés à l’exploitation (villes minières construites ex nihilo, campements éphémères des mines artisanales, etc.) ou encore, à des pratiques d’appropriation foncière par des compagnies minières internationales, parfois dans des contextes de grande violence. Que ce soit dans le cadre de conflits géopolitiques et fonciers, ou au niveau des pratiques plus quotidiennes, ces reconfigurations connaissent des manifestations diverses, à travers une forte mobilité des individus en contexte artisanal, une planification et des aménagements spécifiques dans des cadres plus formalisés, ou encore une redéfinition des enjeux de la gouvernance. L’objectif de cette journée d’étude est de s’intéresser à la spatialisation minière, en posant la question de sa spécificité et de ses conditions de production. Alors que certaines situations semblent s’insérer dans un processus de territorialisation généralement associé à la globalisation, d’autres supposent l’apparition d’espaces plus ou moins temporaires dont la composition interroge directement les processus d’urbanisation. Comment analyser une urbanisation temporaire, à travers les campements miniers artisanaux par exemple ? De quelle urbanisation parle-t-on lorsqu’elle concerne des populations déplacées ou des villes minières dites « en déclin » ? La diversité des situations est telle, qu’elle oblige également à poser la question des relations sociales et des mobilités qu’elles induisent : quels sont les processus de délimitation de ces espaces ? Comment sont négociées les relations entre migrants et villages ou villes d’origine, la cohabitation entre individus d’horizons différents, etc. ? Enfin, les modes de gouvernement de ces espaces constituent également un enjeu majeur, lié directement à la distribution des populations et à leur circulation, voire dans certains cas, à leur délocalisation forcée.

L’intérêt accru dès les années 1970, notamment en France, pour la prise en compte explicite du caractère social des espaces a permis de montrer en quoi ils ne pouvaient se résumer à un cadre pour les relations sociales, mais qu’ils participaient activement à leur construction. Certains auteurs ont ainsi privilégié une analyse à l’échelle des pratiques quotidiennes ; d’autres ont insisté sur la dimension genrée et sexuée ; d’autres encore, se sont attachés à dégager la spatialisation politique et ses modes de gouvernement ; d’autres enfin, se sont focalisés sur les attentes et les imaginaires associés. Adopter une approche spatiale permet ainsi de mettre au jour les conditions d’émergence des relations sociales et politiques, sans exclure pour autant les conditions économiques dans lesquelles ces espaces sont produits. Il s’agira donc d’envisager les mines à travers leurs manifestations spatiales et relationnelles, et de poser la question plus générale de la territorialisation (avec un intérêt possible à la notion de frontière, à la titrisation foncière ou à la planification urbaine par exemple) et des flux qui la traversent et/ou la concurrencent (mobilités humaines, délocalisation, économie dite informelle, etc.).